Durant toute la semaine, le programme Cadres Avenir a organisé des réunions d’information dans le Nord. Objectif : « aller chercher » les bacheliers qui vivent en tribu, sans activité professionnelle.
« En province Nord, je dis souvent qu’il y a plus de bacheliers dans les tribus que d’arbres dans la forêt ! », s’exclame Daniel Roneice, responsable du programme Cadres Avenir. La formule n’est certainement pas tout à fait exacte et prête à sourire, mais l’image a eu le mérite de capter l’attention des personnes présentes ce matin-là à la mairie de Poindimié.
En deux jours, mardi et mercredi, Daniel Roneice a rencontré, à Houaïlou puis à Poindimié, une petite trentaine de jeunes bacheliers, qui ont eu leur diplôme entre 2003 et 2007, des sections F, EF, L et STG, identifiés en collaboration avec Cap Emploi.
Objectif : réunir le plus de candidats possible pour aller suivre un cursus de formation complémentaire et passer un DUT Gaco (Gestion administrative et commerciale) qui est monté avec l’IUT d’Agen, en Métropole.
« Une seconde chance pour eux de s’insérer dans le développement économique du Nord »
« Cela correspond à une seconde chance pour eux de s’insérer dans le développement économique du Nord, explique Daniel Roneice avec entrain. La finalité de ce type de formation est de permettre à la province Nord d’avoir un vivier de jeunes à Bac +2 pour répondre au développement en cours. » Et de poursuivre : « C’est la seconde promotion de ce type que nous organisons. La première est partie à Toulouse et ça fonctionne très bien. Ils ont tous intégré la deuxième année GEA (Gestion des entreprises et administrations). » Des réunions similaires ont aussi eu lieu jeudi et vendredi à Koné et à Koumac. La prochaine étape pour les jeunes pré-identifiés consistera en un entretien à Nouméa mené avec l’Aceste-Cnam (Association calédonienne des études scientifiques, techniques et économiques- Conservatoire national des arts et métiers) pour évaluer le niveau et la motivation des candidats au départ. Enfin, une remise à niveau de trois mois de cours à Agen, « avec une équipe d’enseignants spécialement chargée d’eux, est prévue à partir du mois d’avril prochain ». De quoi être fin prêt pour la rentrée universitaire 2010.
« Ce que je voudrais, c’est avoir au Relais suffisamment de personnes formées et compétentes pour pouvoir aider les auteurs et les victimes de violences conjugales à se construire, pour éviter qu’ils ne deviennent des assistés et qu’ils soient autonomes. » Cette phrase résume le sens que Marie-Paule Robert donne à son travail depuis quelques années. Depuis début 2007, plus exactement, et sa prise de fonction comme responsable du Relais, le centre de traitement des violences conjugales. Le Relais accueille les victimes et les auteurs de violences et leur apporte une aide psychologique. Ce service de la DPASS Sud a une fonction thérapeutique, le but étant de résoudre les conflits, de prévenir la récidive, de « défaire les nœuds ». Association à l’origine, le Relais a été repris par la province et professionnalisé fin 2006. Aujourd’hui, il prend de l’ampleur. Le nombre de personnes prises en charge ne cesse d’augmenter, surtout en ce qui concerne les auteurs. « En 2008, nous avons reçu une soixantaine de volontaires et trente-cinq autres sur injonction thérapeutique, détaille Marie-Paule Robert. Depuis l’arrivée de Claire Lanet au poste de procureur, nous avons reçu 73 dossiers d’injonction thérapeutique. 29 personnes se sont présentées spontanément, notamment parce que la structure est davantage connue. » En résumé, sur les cinq premiers mois de 2009, le Relais a reçu autant d’auteurs de violences conjugales que sur toute l’année 2008. Pour Marie-Paule Robert, soigner ceux qui commettent les violences est essentiel. « Ce qui est important c’est de mettre en évidence leurs fameuses blessures, que sont la colère, le sentiment d’abandon ou encore l’humiliation, surtout chez les hommes. Ces souffrances viennent d’événements vécus avant 6 ans, en général. Dès que nous parvenons à travailler dessus, ils sont touchés terriblement et peuvent avancer. » Depuis que des moyens humains conséquents ont été consacrés au Relais, le personnel a pu mettre en place différents outils, thérapies, qui permettent d’apporter une réponse adaptée à chaque cas.
« Tant que je prends du plaisir et que je suis utile, je continue ! »
La responsable du centre de traitement des violences conjugales est un petit bout de femme, au sourire bienveillant, qui s’épanouit dans son travail. A tel point qu’elle ne veut plus le quitter. « J’ai 60 ans. J’aurais pu prendre ma retraite il y a dix ans, grâce à l’ancien statut des fonctionnaires. Mais tant que je prends du plaisir et que je suis utile, je continue ! » Elle a mis sa carrière au service de la souffrance des autres. Après une formation d’éducatrice spécialisée en France, cette Bretonne décide avec son mari de venir en Calédonie. « Je voulais découvrir d’autres endroits du monde, et puis j’aime bien la chaleur ! La pluie et le froid de la Bretagne, c’est sympa, mais… » En 1972, c’est le grand saut. Elle travaillera en tant qu’éducatrice dans diverses structures avant de suivre une formation de cinq ans sur la thérapie familiale, et son approche systémique, qui lui ouvrira d’autres portes. « Quand je suis arrivée, ce qui me plaisait c’était la qualité des relations qui se nouaient avec les gens d’ici. Mais dans le domaine du social, il y avait tout à faire. Je crois que dans les années 1970 il n’y avait que trois assistantes sociales pour tout le territoire ! » Dans les années 1990, elle devient la directrice des foyers de la sauvegarde, pour les jeunes en grande difficulté, puis chef du service enfance famille à la DPASS Sud en 2004. Un beau parcours, qui n’est pas près de s’arrêter. « Je pense m’en aller à la mi-2010, mais il faut continuer à former ceux qui prendront la suite. L’équipe est formidable, mais manque un peu d’expérience. »
Nouvelle-Calédonie, l’épreuve du temps, par Jean-François Merle Le Monde 20/08/09
Récemment, la flambée de violence que la Nouvelle-Calédonie a connue est venue rappeler le caractère vulnérable du processus politique engagé il y a un peu plus de vingt ans avec les accords de Matignon, consolidés dix ans plus tard par l’accord de Nouméa. Vulnérable parce que cette entreprise singulière de décolonisation dans le cadre de la République n’a pas de précédent : elle dérange donc ceux qui sont mus uniquement par des préjugés idéologiques. Vulnérable aussi parce que ce processus s’est construit dans un rapport particulier au temps, qui est à la fois un allié et un risque.
En 1988, au lendemain du drame d’Ouvéa, Jean-Marie Tjibaou soucieux de « ne pas sortir par la grande porte de l’indépendance pour rentrer par la petite porte de la mendicité et du FMI » avait su convaincre la grande majorité du camp indépendantiste de reporter à dix ans sa revendication d’un référendum d’autodétermination pour, avait-il plaidé, créer les conditions d’une indépendance viable. Les accords de Matignon ont ainsi permis le retour à la paix civile, l’amorce d’un rééquilibrage du territoire, notamment par une politique soutenue d’investissements dans le Nord et aux îles Loyauté, la formation de cadres kanak, et par la provincialisation, un meilleur partage des responsabilités politiques, économiques et sociales.
Michel Rocard l’avait dit à Nouméa dès août 1988 : "Dix ans, ce n’est pas un répit, c’est un défi !"
Dix ans plus tard, indépendantistes et anti-indépendantistes sont tombés d’accord pour reporter à nouveau, cette fois-ci de vingt ans, l’échéance du référendum d’autodétermination. La "solution consensuelle", exprimée par l’accord de Nouméa de 1998, allait beaucoup plus loin puisqu’il s’agissait, notamment par la construction d’une "citoyenneté calédonienne", de jeter les bases d’une communauté de destin. Ces vingt ans devaient en particulier permettre le transfert à la Nouvelle-Calédonie de toutes les compétences encore exercées par l’Etat, à l’exception des compétences régaliennes (défense, monnaie, justice, ordre public, relations extérieures). Ces vingt ans n’étaient pas de trop, compte tenu de l’ampleur de la tâche, pour que la Nouvelle-Calédonie puisse exercer dans de bonnes conditions les responsabilités nouvelles qui feront d’elle, à l’horizon 2018, la collectivité d’outre-mer ayant le degré d’autonomie le plus accompli au sein de la République.
L’esprit de cette démarche est de permettre que le référendum d’autodétermination puisse se tenir dans des conditions loyales et pleinement éclairées. Au demeurant, cette échéance temporelle est la seule qui ait pu justifier la définition des "populations intéressées" pouvant prendre part à ce référendum d’autodétermination comme circonscrite aux personnes ayant participé au référendum de 1998 approuvant l’accord de Nouméa, ainsi qu’à leurs descendants, entraînant par là même un "gel" du corps électoral.
Mais la mise en oeuvre de l’accord de Nouméa a pris du retard : pendant les cinq premières années suivant la signature de l’accord, il ne s’est pratiquement rien passé. Dossier hautement symbolique, les lois du pays permettant la protection de l’emploi local, tant dans la fonction publique que dans le secteur privé, n’ont été mises en chantier qu’à partir de 2005 pour l’une, 2008 pour l’autre, et ne sont toujours pas adoptées.
Tout s’est passé comme si la majorité RPCR qui dominait à l’époque le Congrès de la Nouvelle-Calédonie avait pensé pouvoir ainsi "gagner du temps", et arriver à l’échéance de 2018 en constatant que, toutes les mesures de l’accord de Nouméa n’ayant pas été mises en œuvre, il fallait négocier un nouveau délai et un nouveau report du référendum d’autodétermination. C’est d’ailleurs le refus de cet immobilisme qui a provoqué l’éclatement du RPCR et la création du mouvement "l’Avenir ensemble", par des anti-indépendantistes partisans d’une application effective et loyale de l’accord de Nouméa. Ce sont précisément les frustrations engendrées par les profondes inégalités sociales qui subsistent et par le sentiment que les leviers du pouvoir sont toujours détenus par les partisans du statu quo qui nourrissent le discours radical de l’USTKE.
La vieille sagesse océanienne disait, il y a encore une vingtaine d’années : "Vous, les Occidentaux, vous avez l’heure. Nous, nous avons le temps." Un des effets de la mondialisation est d’avoir importé, en Océanie aussi, l’impatience sociale. Les accords de Matignon et de Nouméa ont voulu « donner du temps au temps ». C’est à la fois leur force et leur fragilité : leur force, si le temps concédé est celui d’une dynamique de progrès ; leur fragilité, si c’est le temps de ceux qui attendent que « tout change pour que rien ne change ».
Le haut-commissaire de la République avait raison de dire, dernièrement, que le maintien de l’ordre public n’était pas une fin en soi mais une des conditions de la mise en oeuvre de l’accord de Nouméa.
C’est loin d’être la seule. L’accord de Nouméa, qui est "de valeur constitutionnelle", comporte à la fois des objectifs et un calendrier Les uns et l’autre nous obligent.
Aujourd’hui, pour relever le défi du temps qui passe, l’urgence est de tout mettre en oeuvre pour réaliser ces objectifs dans les délais prévus. Retrouver cette dynamique est la seule façon de tarir les prétextes et les faux-semblants dont se nourrissent la radicalité et le populisme. C’est, naturellement et au premier chef, la responsabilité des acteurs locaux. Mais c’est aussi celle du gouvernement, à la fois arbitre et acteur de ce processus : il lui revient en particulier d’agir auprès de ses relais politiques locaux pour que les engagements pris soient tenus.
Notre camarade Jean François Merle est ancien conseiller technique chargé de l’outre-mer au cabinet de Michel Rocard (1988-1991).
Samedi 5 septembre, au Campus d’été de l’UMP, à Seignosse (Landes). Entre deux débats sous les grands chapiteaux blancs et une tournée des stands, Brice Hortefeux et Jean-François Copé échangent avec des militants. Le ministre de l’intérieur et le patron des députés UMP sont invités à prendre la pose avec Amine Benalia-Brouch, 22 ans, un jeune adhérent de la fédération départementale des Landes, qui a figuré en 25e position sur la liste UMP conduite par Jacques Forté à Dax lors des élections municipales de 2008. Amine Benalia-Brouch est né de père algérien et de mère portugaise.
Une discussion s’engage aux milieux des militants. Des rires fusent. Un cadreur de Public Sénat tourne. Le document est diffusé jeudi dans l’après-midi sur le site lemonde.fr et seulement vendredi vers 18 heures par Public Sénat.
L’écoute de la bande-son et la lecture du verbatim de la discussion entre les différents protagonistes de la scène ne laissent planer aucun doute sur la nature des propos tenus par Brice Hortefeux.
Voici le verbatim :
Au militant Amine Benalia-Brouch qui lui demande : « Mr le Ministre c’est possible de prendre une photo ? »
Brice Hortefeux répond : « Ah non , parce que moi après le 20 h je suis plus payé «
Jean-François Copé (en parlant de Brice Hortefeux aux militants) : « N’oubliez jamais un truc, il est auvergnat. »
Brice Hortefeux (qui semble répondre à Jean-François Copé) : « Je suis auvergnat. »
Jean-François Copé (qui reprend) : « Il est auvergnat, c’est un drame, c’est un drame. »
Brice Hortefeux : « Enfin bon, je vais faire une exception. »
Amine Benalia-Brouch (évoquant Brice Hortefeux et Jean-François Copé) : « Je me mets entre les deux. »
Brice Hortefeux : « Voilà, entre les deux. »
Jean-François Copé : « Oui, il n’y a aucun problème. Moi, je suis facile. »
Les participants : « Amine, Amine. Amine, ça c’est l’intégration. »
Brice Hortefeux (à propos d’Amine Benalia-Brouch) : « Ça ne va pas du tout. Il est beaucoup plus grand que nous en plus. »
Un participant : « Lui, il parle arabe. »
Jean-François Copé (à Amine Benalia-Brouch) : « Ne vous laissez pas impressionner, ce sont des socialistes infiltrés. »
Marie Apathie, secrétaire départementale de l’UMP Landes : « Il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière. »
Brice Hortefeux : « Ah mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype. C’est pas du tout ça. »
Marie Apathie : « C’est notre petit Arabe. »
Brice Hortefeux : « Bon, tant mieux. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. Allez, bon courage... »

Daniel RONEICE, 46 ans, né à MARE. Marié, 3 enfants Responsable du Programme Cadre-Avenir depuis 2007.
Formation en Australie, à Brighton, en Martinique, à Paris et Toulouse.
DESS en Ingénierie de la formation appliquée aux systèmes d’emplois.
Diplôme Franco-Britannique de gestion en Hotellerie et Restauration Internationale.
Formateur à la CCI de Nouméa.
Membre fondateur de l’Association pour l’amélioration des conditions d’existence de Thogone.
Membre actif du Juvénat, de la Ligue des Droits de l’Homme.
Militant Socialiste depuis 1998.
Candidat sur la liste « Ouverture Citoyenne » aux Provinciales de 2009
« Pour l’amour de mon pays, je choisis aussi l’Europe comme partenaire car : Je crois à une Calédonie forte, ancrée dans la région Pacifique Je crois à l’ouverture pour mieux préparer l’avenir Je crois à l’ouverture pour mieux garantir la paix et asseoir une vraie démocratie Je crois que l’ouverture permet de renforcer la protection des droits de l’homme, de défendre les valeurs fondamentales menacées par la mondialisation, la crise économique et financière. C’est pour cela que je m’engage sur la liste « Changer l’Europe Maintenant, avec les Socialistes »
Pourquoi voter pour élire un député européen ?
Parce que vous êtes citoyen européen.
Votre passeport vous permet de séjourner sans visa dans les pays étrangers. Vous pouvez acheter sans surprise grâce à notre monnaie qui est rattachée à l’Euro. Vous pouvez vous adresser à la Cour Européenne des Droits de l’Homme. La plupart des normes qui vous protègent sont fixées par la Communauté Européenne.
L’Europe à 27 est, la construction d’un nouveau pays, avec la participation de peuples différents. Elle réalise un modèle que La Nouvelle Calédonie essaie d’atteindre : l’intégration de cultures différentes, le rééquilibrage entre les diverses communautés. Depuis des années, l’Europe participe au rééquilibrage voulu par l’accord de Nouméa et encourage un développement durable pour une Calédonie insérée dans le Pacifique.
L’Europe Participe au Rééquilibrage Du Pays
En participant à des grands projets d’équipement comme la route qui fait la traversée Koné Tiwaka, les ports de We, de Tadine,...
L’Europe Forme
L’Europe a versé 207 MF au Centre de Formation aux techniques de la mine et des carrières et au Diplôme d’Études Universitaires Scientifiques et technique dans les domaines de la revégétalisationet de l’environnement minier. Plus de 100 qualifiés en ont bénéficié. Le FED a attribué plusieurs centaines de millions à la Nouvelle-Calédonie pour mettre en place un important dispositif de formation professionnelle qui concerne particulièrement les jeunes non qualifiés et laissés pour compte.
L’Europe Favorise la Recherche et le Développement Durable.
L’Institut Agronomique néo-calédonien (IAC) a reçu 69 MF sur 4 ans pour produire chaque année 2 tonnes de semences d’espèces endémiques pour réaliser des opérations de revégétalisation et soutenir la préservation de la biodiversité.
L’Europe Participe à la Réhabilitation des Sites Miniers.
Sur les 5 dernières années, l’Europe a donné 132 MF pour la réhabilitation de la mine Pervenche à Saint-Louis.63 MF ont été attribués à la réhabilitation de la mine La Moulinet sur le place de Thio.
L’Europe Favorise les Energies Nouvelles pour l’avenir du Pacifique
278 MF dans le projet « TEP VERTES » dont l’objectif est de promouvoir le recours aux énergies renouvelables à Poum, Lifou et Maré. C’est un projet commun avec la Polynésie française et Wallis et Futuna.
Voter pour la liste « Changer l’Europe maintenant, Avec les Socialistes »
C’est voter CONTRE l’ultralibéralisme, CONTRE la dépendance des hommes par rapport aux entreprises, CONTRE le pillage de nos ressources sans contrepartie.
C’est voter pour un groupe d’homme et de femmes politiquement engagés dans des valeurs de partage,
C’est voter pour une Europe sociale, qui ne se contente pas de laisser faire les marchés et de limiter la crise.
C’est voter pour une plus grande solidarité entre l’Europe et l’outre-mer.
C’est remettre les droits fondamentaux des citoyens au centre du dispositif.
C’est s’assurer que les fonds européens continuent à être orientés vers le soutien au développement durable et vers le rééquilibrage.
C’est Voter pour un représentant qui n’est pas un milliardaire intéressé seulement par la vie des entreprises.
C’est Voter pour un homme engagé dans la formation et l’ éducation de tous les calédoniens, et non pas seulement d’une élite sportive.
C’est changer la politique en envoyant enfin un nouveau visage, issu de la société civile, pour représenter la Nouvelle Calédonie en Europe.
C’est agir enfin dans l’intérêt général de tous les citoyens Calédoniens et Européens.
Bien que les campagnes électorales océaniennes ne soient pas si remuantes, celle des provinciales et des européennes ont commencé en Nouvelle-Calédonie.
Les réunions de proximités des divers partis sont en marche, et les émissions de débats politiques, qui sont une nouveauté ici, se mettent en place.
Saluons donc l’émission de RFO de la semaine dernière.
Saluons aussi, la présence de Michel JORDA, secrétaire fédéral du PS Nouvelle-Calédonie, sur Radio-Océane, dans un débat qui promet d’être intéressant entre le RUMP, le sénateur Loueckhote, et le Parti Socialiste.
Merci à Radio Océane de son invitation, une transcription sera faite de l’émission.
1 ) Après avoir évoqué mon engagement au PS et à la LDH l’animatrice Fara me donne la parole. Je me présente « Habitante de la NC, bretonne d’origine, et socialiste de conviction et d’engagement dans les défis du pays, j’apporte le témoignage d’une enseignante venue former, il y a près de 10 ans, des étudiants du pays à un diplôme à bac +2, fière d’avoir formé des diplômés des 3 provinces qui travaillent dans des entreprises, des banques, des sociétés d’assurance sur le territoire. Et qui prouvent tous les jours à leurs employeurs qu’ils sont compétents, tous qu’ils soient d’origine KNK, européenne, polynésienne, asiatique » Fara rappelle aussi que le PS a réagi très vite à l’émission Capital sur M6 et je donne un extrait de la lettre ouverte de Michel « reportage : insultant pour les acteurs locaux qui voit mépriser les efforts consensuels faits autour de l’Accord de Nouméa, décourageant pour les formateurs qui voit dévaloriser le savoir-faire et le savoir-être des jeunes du pays au profit d’un « faire-savoir » de façade.
2) En tant qu’adhérente à la LDH NC je tiens aussi à dire que dans la Déclaration Universelle des droits de l’Homme de 1948 dont nous avons fêté l’anniversaire en décembre dernier est affirmé “le droit pour toute personne de quitter un pays y compris le sien” . Le droit à la mobilité et aux migrations qui l’accompagnent est au coeur de l’actualité et aussi d’un débat mondial. Les africains qui se dirigent au prix de leur vie vers les pays européens du Nord comme les jeunes ou moins jeunes français qui quittent l’Hexagone dans l’espoir de trouver une meilleure vie doivent être informés de la situation du pays vers lequel ils se dirigent . De son histoire, de sa géographie, des conditions de vie réelles. C’est bien de dispositifs d’accompagnement, d’accueil dont le Pays, comme les migrants ont besoin. Une mobilité dérégulée est dangereuse, déstabilisatrice tant pour les migrants, pour le pays d’accueil que pour le pays d’origine. Cette discussion est au coeur de l’actualité ! Il y a un besoin urgent de lois de pays sur l’immigration et l’emploi locaux.
2 ) L’un des thèmes de la rencontre d’aujourd’hui est ensuite évoquée : l’exclusion des citoyens du pays. Exclusion, de qui, de quoi ? de l’école, de l’emploi qualifié qui exige des diplômes, exclusion du pouvoir de décision dans les entreprises, les administrations. On appelle cela aussi des déséquilibres entre les populations. Et c’est contre cela qu’a été voulu et engagé une politique de rééquilibrage depuis l’ADN. Au PS calédonien nous dénonçons ces inégalités criantes, inadmissibles : la pauvreté des uns et la richesse insolente des autres. Les inégalités, ça se mesure avec des indicateurs. On en manque . comme on manque de statistiques, de recensements et on connaît les raisons de cette absence de chiffres. Sur le site de l’Université de Nouvelle-Calédonie, (précisément le LARJE : laboratoire de recherches juridiques et économiques) a été publiée en Octobre 2008 une étude qui nous permet d’en savoir un peu plus. Et de prendre la mesure des déséquilibres qui continuent d’exister. Pour accéder à emploi, il faut accéder à la formation • Qu’en est-il du bac ? chez les plus de 21 ans, on trouve par ordre décroissant des taux de bacheliers : de 79% les europ. métros, 67%les caléd europ., 49%les polynésiens, et en dernier 34% les KNK (chiffres de 2004) • Qu’en est-il des études supérieures : c’est par province qu’on a des chiffres en 2004 . Pour les jeunes de 14 ans et + dans la PIL, guère mieux qu’en 1996 c’est 60% qui n’a aucun diplôme et 57% en PN contre 32 %en PS. Et avec un diplôme de bac +2 à +5 seulement 3% PIL, 4% PN et 15% PS. Ce n’est pas avec d’aussi faibles chiffres qu’on va former une élite du pays ! • Inversement si on s’attache à la pauvreté durant l’enfance les enfants knk arrivent en première position avec 12% suivis avec 8%des polynésiens, 5%des europ. métros et 3%des caled europ . Palmarès inversé !
3) On est donc bien loin des objectifs de rééquilibrage : malgré les efforts de certains et les dispositifs qui ont commencé à se mettre en place (juvénat, cadres avenir) beaucoup reste à faire dans les années à venir.
Ce sont quelques-uns des vrais défis qu’il nous faut relever ensemble
Faire reculer la pauvreté : source de toutes les exclusions
Faire reculer la ségrégation par l’enseignement et réaliser l’adéquation entre les formations, les formés et les offres d’emploi.
4) Une question de l’animatrice porte sur la position du PS au niveau national, sur la question de l’émigration des jeunes métros et si on n’est pas en droit de penser que c’est une action délibérée du gouvernement français de pousser les métros à s’installer ici pour faire baisser les chiffres du chômage dans l’hexagone. J’explique que nous avons au PS combattu Sarkozy avant qu’il ne soit élu président et que nous continuons à nous battre contre sa politique libérale, ses réformes. Et le chômage que cela entraîne. C’est le sens de la campagne lancée par la nouvelle direction de Martine Aubry « Agir vraiment contre la crise’ . Pour en savoir plus invitation est lancée d’aller sur notre site Internet local. PS Calédonie .org
5) Pour en revenir aux formations, non seulement il faut qu’elles existent sur le territoire mais surtout que les jeunes du pays y accèdent : qu’ils soient sélectionnés à l’entrée. Ce qui est loin d’être le cas. Les recrutements se font sur des profils, des codes de comportements verbaux et non-verbaux bien éloignés des comportements spontanés des jeunes du pays. La facilité pour les centres de formation, c’est de recruter à l’entrée des futurs lauréats bien adaptés au système et c’est comme ça que sont écartés des jeunes des recrutements. Il faut changer les critères et reconnaître les spécificités comportementales et culturelles du Pays. Les recruteurs recrutent sur profil et les jeunes d’ici ne sont pas formatés selon ces critères trop souvent éloignés de la culture et des cultures du Pays. À leur entrée sur le marché du travail les jeunes diplômés du pays rencontrent encore l’obstacle du recrutement : les employeurs locaux sont souvent tentés de les sous-évaluer et les sous-payer. Dans ce domaine aussi la Calédonie a un besoin urgent de textes réglementaires, de Lois de Pays.
En conclusion je rappelle les fondamentaux de l’engagement des socialistes à 20 000 Km comme ici Etre socialiste c’est ne pas se satisfaire du monde comme il est, l’idée socialiste relève d’une révolte contre les injustices et de l’espérance d’une vie meilleure . C’est pour ces valeurs que nous sommes là .
C’est la guerre de toutes les successions. La droite était dominée par un monument de la vie politique guadeloupéenne : Lucette Michaux Chevry, amie personnelle de Chirac, réélue Sénateur UMP de Guadeloupe en 2004, présidente du Conseil Régional de 1992 à 2004, battue aux élections de 2004 par le socialiste Victorin Lurel. Une femme de caractère qui fêtera ses 80 ans en Mars 2009, ne s’avoue jamais battue et a réussi à récupérer la mairie de Basse-Terre en 2008. Du côté de la nouvelle génération, ça se complique face à face : Marie-Luce Penchard, la fille de Lucette Michaux Chevry, Secrétaire Nationale de l’UMP en charge de « l’outre-mer » est aussi conseillère de Sarkozy et brigue de conduire la liste aux Européennes. Et Gabrielle Louis-Carabin, Présidente de l’UMP en Guadeloupe, qui ne lui reconnaît aucune « légitimité » Plus rien ne va dans le parti sarkozien. ça chauffe à l’UMP Guadeloupe.
une figure montante du PS local depuis son élection comme maire en 2001, député en 2002, et la victoire de plus de 30000 voix de sa liste « La Guadeloupe pour tous » sur Lucette Michaux-Chevry en mars 2004 à l’issue de laquelle il devient Président du Conseil Régional.
Comme dirigeant socialiste, il est attaché à la modernisation de la social-démocratie et à sa nécessaire adaptation aux enjeux du développement durable. Féru d’Internet, il est l’un des premiers hommes politiques guadeloupéens à avoir ouvert un blog et l’on peut également le trouver sur Facebook.
Il est vice-président du groupe Socialiste, radical et citoyen à l’Assemblée nationale. Et a été responsable et porte-parole pour l’Outre-mer de Ségolène ROYAL, candidate de la gauche à l’élection présidentielle en 2007. À l’issue des élections municipales et cantonales de mars 2008, Victorin Lurel demeure l’homme fort de la gauche guadeloupéenne.
Au Parti socialiste, il a occupé les fonctions de secrétaire national à l’Outre-mer de 2005 à 2008. Au congrès de Reims, le PS de Guadeloupe, comme les principales fédérations d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Réunion) et la Nouvelle-Calédonie, choisit de soutenir Ségolène Royal face à Martine Aubry pour l’élection du premier secrétaire du parti socialiste. Ségolène Royal l’emporte largement dans les outremers et, en particulier, en Guadeloupe où elle obtient 82% des voix. Aprés les contestations portées sur les conditions des votes dans les outremers provoquent la Victorin Lurel quitte ses fonctions de secrétaire national en Décembre 2008. (Son successeur vient d’être nommé par la direction de Martine Aubry, ce sera Christophe Caresche, député de Paris, ancien adjoint au maire de Paris Bertrand Delanoë, du petit courant « pôle écologique » au Congrès de Reims qui vient d’annoncer son intention de rejoindre la nouvelle direction).
Début avril 2008 à l’issue de son 12e congrès, l’UGTG, la puissante organisation nationaliste Cari- Guadeloupéenne, s’est donné un nouveau secrétaire général Elie Domota, 41 ans, militant à l’UGTG depuis 1993, cadre supérieur dans le secteur de l’emploi. C’est donc un quadra, qui a pris en main les destinées d’un syndicat qui entend peser davantage sur la réalité socio politique de la Guadeloupe. Au cours de ce congrès, l’UGTG n’a pas manqué d’analyser dans le détail la « situation coloniale de la Guadeloupe ». Le nouveau secrétaire général, acclamé par les congressistes, a immédiatement rappelé l’engagement de son organisation dans « la lutte pour l’indépendance de la Guadeloupe ». La nomination de ce militant syndical plus « politique » que son prédécesseur correspond à la volonté de l’UGTG de durcir le combat politico-syndical. Stratégie annoncée en avril 2008, appliquée en Janvier 2009 avec l’apparition sur la scène sociale et politique du Kolektif « Lyannaj Kont Pwofitasyon » : LKP
C’est en face de ces acteurs politiques et syndicaux de droite comme de gauche auxquels il faut ajouter le patronat guadeloupéen qu’Yves Jégo le Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer est venu porter la parole de l’Elysée après plus 13 jours de blocage de l’île. Arrivé dans la nuit du 1er février, il a d’emblée affiché son intention de reprendre les discussions afin de sortir de la crise. Peu après avoir fait une déclaration très lisse à la presse, dimanche soir Yves Jégo a reçu à dîner une petite dizaine de Guadeloupéens. Il a surtout été question des voies et moyens pour "liquider" politiquement Victorin Lurel le Président de la Région Guadeloupe. Au cours de ce dîner « particulier » Jégo s’est un peu lâché. Juste un peu. Il a confirmé ce que tout le monde savait ou subodorait, la grève du LKP était pour lui LE meilleur moyen pour tenter de déstabiliser Lurel, l’obliger à ’épuiser les finances régionales avant de procéder à sa liquidation …politique. Jégo, en stratège sarkozien a bien compris, tout le parti qu’il pouvait tirer de cette crise pour placer ses pions !
C’est dans la résolution des conflits majeurs que les dirigeants révèlent leur véritable dimension . Force est de constater les limites du Président Sarkozy que nous avons combattu au PS dés avant son élection. Comme l’a dit fermement Martine Aubry à la Mutualite le 31 Janvier à la réunion des secrétaires fédéarux du parti. La méthode Sarkozy est dangereuse : le mépris affiché sur un mode ironique et provocateur en juillet ;" Quand il y a une gréve on ne s’en rend pas compte" conduit au durcissement . Six mois aprés le 29 janvier c’est à peine s’il entend les 2 Millions de manifestants sur tout l’hexagone et quant een Guadeloupe un département entier est bloqué, les écoles fermées, les entreprises sans activité, il ne daigne pas avoir un mot pour ses habitants dans une longue intervention télévisée de 90 minutes . Ce ne sont pas ses électeurs, ni ses auditeurs : jeudi soir, il « oublie » dans son interview sur la crise en France, en Europe et dans le monde les Guadeloupéens, bloqués depuis deux semaines par un conflit social. Pour Jules Otto, vice-président socialiste du conseil général, en réponse à des questions de Rue 89 « On n’est pas étonné. Ce n’est pas la priorité de Sarkozy. Ne faire venir qu’un secrétaire d’Etat après treize jours de blocage... À aucun moment dans un département de France métropolitaine, il n’aurait accepté cela. Il a envoyé Jégo, sans nouvelles mesures véritables, c’est du recyclage. On a interrompu les négociations pour suivre cette interview. Nous étions plus d’une centaine de personnes autour de la table (syndicalistes, élus locaux et représentants de l’Etat) et Jégo a demandé une suspension de séance pour voir l’intervention de Sarkozy. À la fin, il est revenu, sans en dire un mot... et a recommencé les négociations. Jégo, c’est un élève de Sarkozy, il ne lâche pas grand-chose, il n’y a pas de véritable prise en compte de la vie chère. Il y a des avancées sur le logement, les handicapés, mais il y a encore des problèmes sur la baisse des marges des grandes surfaces, sur le prix de l’essence, etc. Ça prendra au moins jusqu’à samedi. Lundi matin, il faut absolument que les enfants reprennent les cours et que l’économie redémarre. »
Victorin LUREL, « déplore vivement que le président de la République, Nicolas SARKOZY, en 90 minutes d’émission n’ait pas trouvé quelques secondes pour dire un seul mot de la situation en Guadeloupe, paralysée depuis 17 jours par un mouvement social de grande ampleur contre la vie chère. Malgré des questions sur la crise, le pouvoir d’achat et les mouvements sociaux, ce silence du chef de l’Etat est tout simplement choquant et stupéfiant, impensable si un territoire hexagonal avait connu pareil blocage. Ce silence est également méprisant au moment où ce territoire de la République traverse une crise sociale de très grande ampleur, générée par la politique gouvernementale qui, en Guadeloupe et en Martinique, comme dans l’Hexagone, mine le pouvoir d’achat des ménages, casse les services publics, et démontre son impuissance à réguler monopoles et oligopoles pour faire baisser les prix des biens et des services essentiels… »
La solution de cette crise viendra non des mots rassurants, pesés par la cellule communication de l’Elysée ( qui se réunit tous les matins !) mais d’une initiative forte de l’État en faveur des plus démunis . Ce qui nous inquiéte, c’est justement le choix de la politique de sortie de crise privilégiée par Sarkozy et sa famille politique au pouvoir . Est-ce une politique de l’investissement et d’aide aux entreprises pour garantir et relancer l’emploi ? Est-ce une politique de relance de la consommation pour soulager la souffrance de ceux qui ne peuvent plus assurer leur survie ? Et qui ne peuvent plus que crier leur malvivre dans les rues sous toutes les latitudes .